30 March 2006

50 ans d'inspiration

Quatre artistes chinois en France 1920 - 1970

Ma recherche se concentre sur les quatre artistes chinois qui ont suivi des cours de beaux arts en France de 1920 et 1970. Ils sont Lin Fongmian (1900 – 1991), Xu Beihong (1895 – 1953), Sanyu (1901 – 1966) et Pan Yuliang (1895 – 1977). Lin et Xu sont arrivés en France l’un après l’autre en 1918 et en 1919 comme étudiant-travailleur, ils ont étudié à l’Ecole de Beaux-arts de Paris depuis 1920 et en 1926, ils sont rentrés en Chine où ils ont été nommés professeurs et directeurs des écoles des beaux-arts en Chine à l’age jeune. Pendant toute leur vie, ils ont joué un rôle important pour l’académie et le développement de l’art dit « moderne » chinois. Ce qui m’intérésse ce sont les années qu’ils ont passées en France restant un peu mystèrieuses, mais elles temoignent la formation et la profondeur de leurs idées artistiques et les conduissent à deux voies différentes qui ont influencé fondamentalement le développement de l’art chinois dans le 20ème siècle.

Parmi les étudiants chinois à Paris, une trentaine est restée en France. Sanyu, fils d’une famille riche à Sichuan, est arrivé à Paris en 1920. Il s’est installé à Montparnasse et il a étudié à l’Académie de la Grande Chaumière où il a rencontré sa femme française. Il a fait beaucoup de dessins de nus et de personnages pour lesquels il est bien connu. Il est resté toute sa vie à Paris jusqu’à sa morte en 1966. Pan Yuliang est une peintre un peu légendaire. Une orpheline à l’age de 8 ans, elle est vendue à un bordel où elle a rencontré Pan Zanhua, un haut fonctionnaire, qui l’a prise pour concubine. Elle a commencé à apprendre à peindre après son mariage et en 1921, elle est partie en France comme boursière du gouvernement. Après sa formation de beaux-arts à Lyon, à Paris et à Rome, elle est venue en Chine en 1928. Des problèmes familiaux et son histoire personnelle l’ont renvoyée en France en 1937. Elle a veçu et travaillé à Paris jusqu’à sa morte en 1977.

L’art de Sanyu -- un exemplaire
Sanyu est arrivé à Paris à l’age de 20 ans. Il est fasciné par l’esprit ouverte et la vie de bohème à Paris. Avec une personalité considérée comme insouciante, excentrique ou dérangée pour ses amis chinois, Sanyu a reussi bien vite à s’adapter à la vie parisienne dans les années folles de 1920s.
Pendant ses études à la Grande Chaumière, il a plongé dans le monde du dessin de nu, quelque chose exotique pour lui car des modèles nus sont interdites en Chine à cette époque.

Sanyu a fait des esquisses au crayon et à l’encre et pinceau, il a fait aussi des aquarelles et des peintures à l’huile. A la fin des années 1920, il a développé un style unique de dessin. Comme dans ce dessin, « Nu assise » (v. 1929), qui est typique de Sanyu, on trouve une combination des technique d’encre et du crayon. Sanyu a bien matrisé les techniques d’encre avant de partir de son pays natal. Ici, il a expérimenté ses lignes fluides et souples en encre sans rupture et sans repentir à contour la figure de la modéle. Avec une économie de la ligne et une linéarité sensuelle, il a établi à la fois une forme solide et lyrique. Sanyu a employé le technique d’estompe pour rendre le volume et l’ombre au corps massif de ses nus. La technique d’estompe a été également employée par les autres artistes de l’école de Paris, comme Foujita Tsuguharu (1886 – 1968), artiste japonais.

La Composition
Considérant la composition du dessin de Sanyu, les femmes massives occupent au moins trois quarts de la surface du dessin, et toujours, elles se posent avant un fond vide et sans dimension. La partie inférieure, surtout les jambes sont grossièrement démesurés tandis que la tête est extrêmement réduite. Un autre dessin de Sanyu « Nu et la chaise » (1930s), montre bien des jambes exagérées. L’effet optique de cette éxécution est choquant pour ses contemporains comme Xu Zimou, poéte célébre qui les surnome comme des « cuisses cosmiques » (宇宙大腿). Cet effet nous rappelle aussi les photos du surréaliste, André Kertész (1894-1985), par exemple, « Distorsion no. 40 ».

Le Visage

Vivant comme un cosmopolite, Sanyu est fasciné par les visages occidentaux, particulièrement les Noirs, dont il a fait beaucoup de caricatures. Mais, dans ses dessins, il a choisi un autre système de réprésentation. Comme « Nu assise » et beaucoup d’autres, le visage ne s’agit que d’un seul oeil, d’un nez simplifié à une seule ligne et d’une bouche toujours fermée. Elle a un visage expressif et un regard direct au spectateur. On compare ses dessins avec ses caricatures, on trouve une physionomie non-occidentale mais asiatique. On peut dire qu’il a changé le visage de ses modèles, ou qu’il a choisi une modèle avec une physionomie plus asiatique. Celà, peut-être est une marque de son origin.


Ce visage rassemble aussi aux courtisans de Tong dynastie. Il est plus évident dans une toile, « Deux nus roses » (1930s). Un visage rond et gross, les cheveux noir séparés au centre, les petits yeux et une petite bouche, et de profile /corps un peu gros, etc. sont identifiés à l’ésthètique feminine de Tong. Nous pouvons nous demander si cette affinité explique aussi l’esthètique de Sanyu.

Les mains et les pieds
Un autre trait de « Nu assise » et de l’art de Sanyu, c’est les mains et les pieds semblables à des pattes et à des griffes animales. Ils résonnent le bestiaire poétique des surréalistes où le corps nu s’animalise, particulièrement ceux d’André Masson. Mais le style de Sanyu est encore plus simplifié et mecanique.

« Nu étendu » -- Une peinture abstraite
La deuxième peinture de Sanyu dont je veux parler, c’est une toile à l’huile « Nu étendu », créée environ 1929 ou 1930. Sanyu a rencontré son patron, Henri-Pierre Roché, en 1929, et il a commencé à peindre à l’huile auprès la suggestion de Roché. « Nu étendu » est une peinture abstraite qui suggére le corps d’une femme nue volant dans l’air. Un petit triangle noir suggére la séparation de ses jambes qui fait sortir le fond noir. On peut s’imaginer ses jambes croisées dans une posture bizarre.

Le corps superieur est également ambigu. En premier regard, il nous apparaît comme un torse sans tête. Après une contemplation attentive, on voit une femme avec des bras croisés sur sa tête. La petite partie avec un couleur rose foncé nous donne cette impression. Si on compare cette peinture avec «Lorette allongée » (1916 – 17) de Henri Matisse, on trouve que le geste et la composition de ces deux peintures sont très proches.


Xie Yi
Cependant, le profondeur n’intéresse pas Sanyu. Son concern primaire c’est la forme, sa ligne n’est pas descriptive mais minimaliste et poétique. Son style nous rappelle la racine de peinture lettrée chinoise, Xie Yi (寫意), ça veut dire, « saisir l’idée et la transcrire ». Souvent, Sanyu superpose le corps au fond vide et neutre. Comme dans cette peinture, la couleur vert-bleu du fond a créé une espace serein et méditative. On trouve ici la dissolution des formes, un corps sans poids qui vole au ciel ou se transforme dans un rêve, dans une transe hypnotique.

Une touche orientale
Le tissu ornemental au bas est un thème également cher à Foujita et à Matisse. Sanyu l’a décoré avec les motifs chinois, les fleurs, les plantes, les oiseaux ou les paysages miniatures. Les motifs sont minimalistes malgré le fait qu’ils sont les plus détaillés dans cette peinture.

Problematique
Un artiste idiosyncrasique, Sanyu ni signe ni date toutes ses oeuvres. La date de la majorité de ses peintures est imprécise et pose la difficulté de retracer son évolution artistique. Puis, il y a une confusion de titre de ses oeuvres. Par exemple, le «Nu étendu » dont j’ai parlé est aussi surnommé «Nu géometrique » ; un autre exemple, «Nu assise » ne dit rien comme titre car il y a beaucoup de «nu assise » de Sanyu. La traduction française, chinoise, anglaise, etc. complique encore la situation. Celui-ci n’est pas un problème unique à Sanyu, mais prèsque à tous les quatre artistes de ma recherche. Une manque de système de titre rendre l’étude difficille.


Photo credit
1. Photo of Lin Fengmian
2. Xu Beihong, Cinq centes heros de Tian Heng, l'huile sur toile, v. 1930
3. Pan Yuliang, Autoportrait, l'huile sur toile.
4. Sanyu, Nu assise, dessin à l'encre et au crayon, v. 1929.
5. Sanyu, Nu et la chaise, dessin à l'encre, v. 1929.
6. Andre Kertesz, Distorsion 40, Photography
7. Sanyu, Nu assise, détaille.
8. Sanyu, Deux nus rosés, l'huile sur toile, v, 1930.
9. Sanyu, Nu étendu, l'huile sur toile, v.1930.
10. Henri Matisse, Lorette Allongé, Oil, 1916 - 1917,
11. Foujita, Nude, Oil, 1922.

3 comments:

david law said...

蘇富比春季拍賣會昨日舉行「中國當代藝術專場」拍賣,推出132件作品,總成交價超過1億元。成交價最高的拍賣品為內地已故藝術家常玉的油畫《花中君子》,賣價達2800萬港元,比原先估價高出4倍,創「新中國油畫」的拍賣紀錄。

常玉的《花中君子》,繪於1940年代,構圖簡約潔淨,是畫家的典型風格,將中國書法的線條嫺熟地運用於畫布之上。另外兩幅均以740萬港元成交的作品為台灣畫家廖繼春的《台南孔廟》,和已故著名畫家林風眠的《荷塘》。

是次拍賣包括畫家如常玉、林風眠、吳冠中、趙無極等現代大師的作品,也有些1970年後第二代油畫家的作品,種類包括油畫、攝影、雕塑。

dreamhunter said...

每次讀到這樣的新聞都很心 "up"。常玉晚年真的很淒慘,死時無人無物,還是幾個同鄉和藝術家朋友籌錢幫佢辦身後事。

大部份藝術家的命運都是這樣,而很多人都只會說,「係咁嘅啦﹗」真係「係咁嘅」喎咩?﹗

david law said...

的確今人扼腕!